Plateaux + / IS //// IS ////// : une odyssée audiovisuelle

Du 16 au 19 mai, le trio masculin Plateaux et le quatuor féminin Jane/Kin, Mailis Rodrigues et Myriam Boucher se donnaient en spectacle à la Société des arts technologiques. Le résultat : une épopée audiovisuelle immersive dans le dôme de la Satosphère, mélangeant musique électronique en direct, performance de saxophone, projections et interactions avec le public.

/ IS //// IS ////// : girl power

Plus habitué aux prestations de technophiles et d’amateurs de musique électronique, le public de la SAT avait certainement quelque chose de rafraîchissant à se mettre sous la dent. Formé de la saxophoniste Ida Toninato et de la compositrice Ana dall’Ara Majek, Jane/Kin s’enracine clairement dans la formation des deux jeunes femmes en musique contemporaine classique, un genre musical peu fréquent dans la programmation de la SAT.

Dans  / IS //// IS ////// (ou plus simplement 1 is 4 is 10), les longues plages sonores sont en contrepoint avec la riche arborescence visuelle que Boucher tisse sur le dôme. Un système interactif coordonné par la technicienne créative Rodrigues permet entre autres de faire réagir la musique en temps réel au rythme cardiaque des membres de l’audience. La musique très dynamique est faite d’articulation de saxophones, de bruits et de sons électroniques arrangés en studio puis spatialisés sur des dizaines de haut-parleurs. La demi-heure de performance exsude la corporalité et une férocité passionnée.

Plateaux : cérébral et accessible

La 2e partie paraissait certainement plus familière à la programmation habituelle de la SAT. Plateaux, formé de Vincent Brault, Vincent Martin et Owen Kirby, transmutait sa prémisse très intellectuelle en musique assez accessible et visiblement très agréable pour un public qui semblait conquis d’avance. En se basant sur le livre « L’anti-OEdipe : Capitalisme et schizophrénie », un livre phare dans l’œuvre des philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari, le trio placé au centre du dôme déclenche des séquences de sons électroniques et d’images de synthèse où se mêlent le cosmique et le quotidien. La musique electronica produite en temps réel renvoyait à la nature exploratrice de la performance, où le public pouvait se questionner, grâce aux images abstraites, sur son rapport avec l’infiniment grand et l’infiniment petit, avec la faune et la flore, avec la société et la nature. La performance prit fin dans un tonnerre d’applaudissements.

 

Page de l’événement