Passé le portique rouge, situé rue Clark, à deux pas du métro de Castelnau, on a tôt fait de fouler les planches familières de la galerie Eastern Bloc, le cœur et le cerveau du festival international d’art numérique Sight & Sound. Si on compte quelques activités au site Outremont et à Temps Libre sur l’avenue de Gaspé, c’est à Eastern Bloc qu’on retrouvait le gros de la programmation, étalée du 28 septembre au 2 octobre.

Événement important de la scène underground numérique, Sight & Sound accueille annuellement des artistes d’envergure nationale et internationale pour une série d’activités culturelles. Près de 80 artistes ont pris part aux performances, conférences, soirées festives de cette 8e édition du festival.

Un vernissage décontracté

Lorsque j’arrive vers 19 h, quelques dizaines de personnes sont déjà présentes pour l’événement d’inauguration des cinq jours d’activités, un vernissage d’installations d’art numérique. On se promène tranquillement entre le bar, les bouchées froides et les œuvres exposées dans l’aire d’Eastern Bloc, mélange d’arts visuel, conceptuel et numérique. Pour plus de détails sur le vernissage, cliquer sur le lien. Arrivé 20h45, plus d’une soixantaine de personnes attendent impatiemment le début de Murmurate, présentée en première canadienne.

Murmurate, composition audiovisuelle interactive

Installés au centre de la salle principale, les artistes Tim Shaw et Sébastien Piquemal ont chacun leur station, formée de laptop, d’interfaces et autres gizmos aux lumières clignotantes. Les spectateur s’assoient en cercle autour d’eux, leur cellulaire intelligent en main. Ils se connectent à une page conçue par les deux artistes, transformant leur cellulaire/tablette/laptop en haut-parleur indépendant. Fermement ancrée dans le noise et la musique expérimentale, la performance mélange les ondes radio, le bruit blanc et des ondes « pures » (sinusoïdales), diffusées sur chacun des gadgets du public. Ceux-ci affichent des images en noir et blanc, essentiellement des bouts de code en défilement, sorte de partition informatique pour la musique que l’on entend. Avec la salle plongée dans le noir, l’effet des visages éclairés par les écrans lumineux est joli, mais on cesse vite de les regarder, privilégiant plutôt l’écoute les yeux fermés.

Passé les premières minutes, un peu incertaine, on arrive dans un segment plus minimal, fait essentiellement de cillement d’ondes pures. On plonge alors dans une écoute quasi-contemplative de cette musique fragile, accompagnée d’un grondement de fréquences graves, bien équilibré pour ne pas enterrer les haut-parleurs du public. La composition prend son plein essor et nous emporte enfin. Des applaudissements chaleureux ponctuent la fin de la performance.

Lien web vers la page de Murmurate (Sight and Sound)

Crédit photos : Geoffroy DBK