La première édition du Printemps numérique place, sans nul doute, l’art numérique bien confortablement sous les feux de la rampe ce printemps. Mais cette forme d’art émergente est loin d’en être à ses premiers balbutiements, ici à Montréal. Petit tour de table de la question.

Naissance d’une forme d’art nouvelle

L’avènement du numérique a certainement chamboulé bien des choses au sein de la sphère artistique. Que cela soit par la dématérialisation des supports, par des relations plus directes entre l’artiste et son public, ou encore une possibilité accrue de rejoindre des adeptes à l’autre bout de la planète, le numérique a apporté de grands changements dans les processus de création et de diffusion de l’art.

Il ne fallait que peu de temps pour que le numérique entraine également la genèse d’une toute nouvelle forme d’art, située à la croisée des chemins de plusieurs disciplines. Urbanisme, musique, photographie, architecture, danse, vidéo, et on en passe… L’art numérique a la particularité de décloisonner les disciplines, ce qui en fait sa richesse et son dynamisme. Avant-gardiste, elle se nourrit d’innovations technologiques et de nouvelles manières de créer et de concevoir l’art.

L’interdisciplinarité en fait sa particularité et son moteur, tout en l’ancrant bien solidement dans notre époque axée sur l’interaction, l’échange d’information et la participation.

L’art numérique et Montréal

Montréal n’a rien à envier aux autres métropoles du côté art numérique, et on la considère même comme la capitale des arts numériques en Amérique du Nord. Certains retracent son émergence à l’Expo 67, alors que l’on voyait poindre une convergence entre l’art, la technique et la science.

Les décennies suivantes verront s’approfondir le développement de cette nouvelle forme d’art, consacrée par des évènements tels que l’exposition Images du futur qui s’est tenu chaque année dans le Vieux-Port de 1986 à 1996, ou encore le 6e Symposium d’ISEA (Inter-Society for the Electronic Arts) en 1995.

Ces dernières années, la participation et l’interconnectivité ont progressivement pris une grande ampleur au coeur de l’art numérique. L’oeuvre musicale collaborative des 21 Balançoires illustre parfaitement cette tendance. La nomination de ses deux créatrices comme ambassadrices du Printemps numérique n’a vraiment pas été laissée au hasard! L’une d’entre elles, Mélissa Mongiat, expliquait dans une étude produite par le Conseil des Arts de Montréal comment la question de la participation du public dans le processus de l’oeuvre est devenue primordiale pour beaucoup d’artistes numériques :

« La technologie se simplifie, elle devient de plus en plus accessible. En démocratisant ce médium qui permet aux gens de se parler, la technologie devient ce lien qui favorise l’interaction, la participation. Il faut humaniser le territoire. Le public est créatif, il doit participer au contenu. »

Dans cette optique d’hybridité, de collaboration et de dynamisme, le Printemps numérique s’érige, en 2014, comme phare de l’art numérique à Montréal. Rassemblant plusieurs initiatives autrefois éparses, cet évènement consolide l’art numérique au sein du paysage culturel montréalais.

Qui sait où mènera cette initiative, encadrant un milieu déjà extrêmement fécond et dynamique? Restez à l’écoute ce printemps pour le découvrir!

 

Références :

Marie-Michèle Cron, 2011. Les arts numériques à Montréal. Création/Innovation/Diffusion, Conseil des arts de Montréal.

Table de concertation permanente sur les arts numériques, 2007. Les arts numériques à Montréal, Le capital de l’avenir, Ville de Montréal.

SODEC, 2011, Porte grande ouverte sur le numérique.