L’intelligence artificielle : des enjeux de taille

L’intelligence artificielle. Catalyseur de peur et de changements, vecteurs de tous les possibles… nous peinons à imaginer les transformations en profondeur que l’intelligence artificielle continuera de provoquer durant les années à venir. La soirée #intersections vol.2 du 7 mars mettait à l’honneur les enjeux soulevés par cette composante incontournable des innovations numériques.

Des créateurs, entrepreneurs et gestionnaires de tous les horizons étaient présents ce soir-là, entre autres pour entendre les paroles de Hugues Bersini, un professeur de l’Université libre de Bruxelles. Vulgarisateur d’un charisme incomparable, Bersini est de ces hommes qui sont capables de rendre sexy le calcul différentiel. Dans une salle du Centre d’architecture canadien pleine à craquer, on le retrouvait aux côtés de trois autres conférenciers : Gheorghe Comanici, développeur du navigateur Google Chrome, Guillaume Chicoisne, directeur de l’institut de valorisation des données (IVADO) et le docteur Jeffrey Goldstein du Centre de Compétence Watson (IBM).

Prêchant l’optimisme et la « bonne nouvelle de l’intelligence artificielle », Bersini croit fermement que cette technologie est un outil que l’humain peut mettre à son service. A été évoqué l’exemple des équipes d’échecs dites « centaures », c’est-à-dire formées d’êtres humains et d’ordinateurs. Certains des plus éminents joueurs d’échecs, une fois défaits par des machines, remarquent que cette confrontation les a rendus meilleurs, car ils ont eu à penser à des tactiques différentes, ce qui ne serait pas arrivé avec un adversaire en chair et en os.

Le docteur Jeffrey Goldstein a parlé des avancées extrêmement positives apportées par l’utilisation de l’intelligence artificielle en médecine. « Pour demeurer au courant de toutes les nouvelles percées dans le monde de la santé, un docteur devrait lire 29 heures par jour, ce qui est humainement impossible. » La solution à ce problème : Watson, un programme informatique d’intelligence artificielle conçu par IBM. Il est capable, entre autres, d’analyser des radiographies en temps réel et de proposer un diagnostic. Il ne s’agit pas d’un médecin, mais bien d’un conseiller, d’un « partenaire utile ». L’intelligence artificielle apparaît alors comme un outil dont l’usage, pernicieux ou bienveillant, dépendra des intentions de ceux qui les utilisent.

Mais Bersini ne se préoccupe pas outre mesure des scénarios catastrophes que certains prophétisent. Il s’intéresse nettement plus à la prise en main de l’intelligence artificielle par les gouvernements. Bersini avance que le GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple) concentre à eux seuls certains des meilleurs cerveaux de la planète, acquiert des brevets et s’approprie des technologies pendant que les gouvernements restent les bras croisés, sans savoir par où aborder le problème.

« Ces compagnies sont aux avant-postes de la transition sociale. Et pas nos gouvernants. […] Il faut que les gouvernements reprennent la main sur le pouvoir immense qu’ont pris les compagnies privées. »

 

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