En ce 6e et dernier Vendredi numérique du Printemps, le rendez-vous était donné aux bureaux d’OVH, sur la rue McGill College.

Un accueil signé OVH

Des mordus du numérique se sont rassemblés pour réseauter et discuter du thème de l’heure : comment les catastrophes du web pourraient transformer le cloud. Regroupant 1300 employés à travers 17 pays, OVH (On Vous Héberge) offre aux plus geeks des geeks la possibilité d’utiliser un serveur.

Qu’est-ce qu’un serveur?

Lorsque vous souhaitez avoir accès à une page Internet, un signal est envoyé vers un serveur, c’est-à-dire un ordinateur puissant qui peut être situé n’importe où dans le monde. Que vous souhaitiez avoir accès à une boîte de messagerie, une page Web, une base de données ou faire du commerce électronique, vous avez besoin de passer par un réseau de serveurs. Pour certains, ce fonctionnement est problématique, car ils ignorent, à priori, tout du serveur qu’ils utilisent (emplacement, propriétaire, sécurité, etc.). Ils préfèrent contacter une entreprise comme OVH, qui leur louera un espace sécurisé pour stocker leurs données sur des machines entretenues grâce à un système de refroidissement à l’eau. On dira que ces données sont « hébergées » chez OVH. Le commun des mortels ne se préoccupe pas du mécanisme de ce système. Pour eux, le cloud est si commode, qu’il devient un objet désincarné, merveilleux, quasi-magique.

Les panelistes

S’agit-il d’une négligence? C’est la question autour de laquelle se sont attablés cinq intervenants : Catherine Mathys, chroniqueuse blogueuse techno, Maxime Hurtrel, de l’équipe OVH, Julien Galtier, de The Bubbles Company, José Fernandez, professeur agrégé au Département de génie informatique et génie logiciel de Polytechnique Montréal et Véronique Marino, directrice du programme Médias interactifs à l’INIS.

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Catastrophes Web : mythe ou réalité?

« Le cloud, c’est des serveurs quelque part. » résume simplement José Fernandez. L’utilisation qu’on fait de ses serveurs est transparente, car on interagit avec eux sans le savoir. Ce faisant, on ignore la fragilité réelle de ce système, l’identité des gens qui y ont accès, et à quel point nos informations personnelles sont vulnérables. Des mastodontes de différents secteurs de l’industrie ont été au cœur de scandales en raison d’informations piratées : Ashley Madison, Sony, Internal Revenue Service (IRS)… Dans certains cas, l’information de milliers, voire de centaines de milliers de personnes, a été divulguée. Et malgré cela, nous continuons de donner de l’information personnelle sur une base régulière, consciemment ou non.

Notre date ou notre ville de naissance, notre âge, notre genre, nos mets préférés… toutes ces données personnelles sont recueillies afin de cibler nos intérêts et, par exemple, de nous montrer des publicités plus susceptibles de nous intéresser. Dès que vous cliquez sur un lien ou une publicité, cette information peut être enregistrée. Quand le produit est gratuit, c’est que le produit, c’est nous. Que Facebook vous vend à des compagnies de pub tient maintenant du lien commun.

Les compagnies ont-elles le droit de faire cette sélection d’informations? Absolument, puisque vous avez sans doute « approuvé » les conditions d’utilisation lors de votre inscription en téléchargeant le logiciel, l’application, etc. « Le plus gros mensonge d’Internet, c’est “J’ai lu et approuve les termes d’utilisation.” dit le dicton.

Catherine Mathys remarque que les jeunes utilisateurs de ces technologies s’accommodent très bien de ce fonctionnement. Même, dans le cas de la publicité, ils souhaiteraient que celles-ci soient mieux ciblées. Fernandez oppose que c’est parce qu’on n’entrevoit pas que la catastrophe est envisageable. En laissant « la Machine » prendre le contrôle sur ce que l’on voit, c’est la mort de la démocratie Internet. « On ne nous montre plus tout ce qu’il y a à voir, seulement ce que l’on veut nous montrer. »

Marino note toutefois qu’une catastrophe est généralement suivie d’une période de redressement, et que celle-ci peut être bénéfique. Il faut un choc pour sensibiliser le public. De façon analogue au phénix, la créature magique, certains arbres, lorsqu’ils brûlent, peuvent ainsi disséminer leurs composantes qui leur permettront de pousser à nouveau. Leur destruction est nécessaire à leur survie. En attendant, l’Internet est tenu pour acquis, et il fonctionnera jusqu’à preuve du contraire…

Page Facebook de l’événement chez OVH