La quatrième édition du Symposium ix de la Société des arts technologiques (SAT) se déroule cette semaine sous le thème de la (dé)matérialisation Corps-Espaces. Durant quatre jours, l’immersion sera célébrée, décortiquée, mais surtout vécue, entre artistes, concepteurs, chercheurs, développeurs et producteurs.

La performance / IS //// IS ////////// présentée jeudi dans la Satosphère s’imbrique bien dans cette matière exploratoire. Fruit d’une résidence de plusieurs mois à la SAT, le spectacle allie Vjing, saxophone, voix, électronique et spatialisation à travers laquelle les connexions entre les performeurs et le public sont explorées.

Les lumières se baissent, on nous demande de mettre nos téléphones cellulaires en mode avion pour le bon fonctionnement du spectacle. Les regards incrédules se consultent. S’agit-il d’une blague?

«Non, les capteurs sont connectés sur le Wi-Fi, le réseau ne doit pas être engorgé pour entendre les battements de cœur du public», explique en rigolant la technologue créative Mailis Rodrigues. Celle-ci a eu l’idée d’utiliser un procédé semblable à celui en milieu hospitalier pour inclure le public à la création.

Les pulsations cardiaques d’une dizaine de spectateurs influencent  les images projetées sur le dôme. «Je souhaitais que les images soient vraiment organiques avec les battements de cœur et la musique électro live, indique la talentueuse VJ Myriam Boucher. J’ai fait beaucoup de tests de perspectives, de couleurs et de textures pour représenter le mouvement, la vie quoi.»

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L’improvisation joue un grand rôle dans l’expérience immersive. Les éléments se complexifient. Le dialogue entre les différentes formes artistiques se renforce. Les spectateurs sentent qu’ils vivent un moment unique en commun.

Le duo Jane/KIN cherche constamment à trouver l’équilibre parfait entre le numérique et la tradition. «Ça semble facile quand on voit le résultat, mais des heures de pratiques ont été nécessaires pour éviter que chacune des parties n’écrase l’autre», souligne la polyvalente Ana Dall’Ara Majek aux électroniques.

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Pour Ida Toninato,  qui brille au saxophone et à la voix, la force du spectacle réside dans l’échange entre le quatuor féminin et le public. «Chacune d’entre nous partage sa vision, s’influence, c’est très inspirant de combiner nos différentes manières de travailler. La participation était la base de notre démarche artistique. On plonge dans le son et dans le visuel tous ensemble.»

La SAT souhaite soutenir ces projets multidisciplinaires qui incluent le public et la performance en temps réel. Pousser plus loin l’art numérique du dôme. Profitez-en pour voir un aperçu à IX!