La trilogie du Centre canadien d’architecture (CCA) se termine dimanche. Sous la thématique Complexité et convention, l’exposition Archéologie du numérique met en vedette 15 projets précurseurs dans l’utilisation des outils numériques de l’architecture. Comment adapter et intégrer les nouvelles technologies à la pratique de l’architecture?

Pendant les années 1990 et 2000, l’architecture a vécu une période charnière où l’expérimentation numérique a laissé place à une intégration des normes de production qui influencent la rapidité, les coûts, la complexité et l’innovation de la réalisation des bâtiments.

«Les technologies numériques attestent de la transformation autant du processus de conception que du rôle de l’architecte, à un moment de l’histoire où l’architecture a passé un cap dans le domaine du numérique au-delà duquel nombre de ces technologies pionnières sont devenues la norme», a souligné le commissaire Greg Lynn, reconnu pour son recours avant-coureur à l’informatique.

Le dernier volet de l’Archéologie du numérique réunit des projets construits ou non réalisés d’Europe, du Japon et des États-Unis. Les thèmes explorés sont : haute-fidélité 3D, topologie/topographie, photoréalisme, données et structure/revêtement.

«La trilogie Archéologie du numérique capture des moments dans l’histoire. Les nouvelles expérimentations proviennent des intérêts des architectes et des nouveaux outils disponibles, a expliqué Mirko Zardini, directeur du CCA. En 30 ans, l’architecture s’est complètement transformée. Dans la conception de l’architecture, cette révolution numérique est similaire au mouvement de la Renaissance!»

La stratégie d’acquisition du CCA est réalisée dans l’objectif de raconter et documenter chronologiquement cette évolution, ainsi que de développer une expertise dans le domaine de l’archivage numérique.

Pour Romain Duguay, directeur des affaires externes, l’Archéologie du numérique démontre l’apport direct de la technologie à l’architecture. «Il ne s’agit pas simplement de faire des nouvelles lignes. On exploite la relation modifiée entre l’environnement, la topologie et le bâtiment parce que l’ordinateur le permet. On ne réalise pas toujours que le numérique outrepasse le son ou encore la lumière. Des secteurs de l’industrie traditionnels subissent une mutation majeure.»

Archéologie du numérique : Complexité et convention, présenté jusqu’au 16 octobre au CCA, 1920 rue Baile.

Source : CCA